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L’île d’Orléans portera plusieurs noms au cours de son l’histoire. Avant la colonisation française, l’île est fréquentée, voire habitée, par des autochtones. Les Algonquins l’appellent l’île « Minigo ». Ce nom serait une déformation du mot algonquin « Ouindigo » qui signifie « ensorcelé ».
En 1535, lors du second voyage de Jacques Cartier, celui-ci donne à l’île le nom « d’isle de Bacchus » en raison des nombreuses vignes sauvages qui y poussent naturellement. Toutefois, étant soucieux « d’immortaliser le nom et la mémoire des rois et princes de France », Cartier changera le nom quelques mois plus tard pour « Isle d’Orléans » en l’honneur d’Henri II, duc d’Orléans.
Cette appellation restera inchangée jusqu’à l’arrivée des Hurons. Ceux-ci, attaqués dans leur territoire par les Iroquois, viennent se réfugier dans la région de Québec sous la protection des Français. Une partie des réfugiés s’établit en 1651 à la pointe sud-ouest de l’île et y construit un fort à proximité du lieu connu aujourd’hui sous le nom de l’Anse du Fort. Les Hurons surnomment l’endroit « île Sainte-Marie », en hommage à la patronne de leur mission en Huronie dans la Baie Géorgienne. Cependant, au mois de mai 1656, les Iroquois les surprennent dans leur refuge et les déciment presque tous. Le nom « d’île Sainte-Marie » disparaît donc avec le massacre des Hurons.
Jusqu’au XIXe siècle, l’île d’Orléans compte cinq paroisses. Après celle de Sainte-Famille, en 1666, celles de Saint-François, Saint-Jean, Saint-Laurent (fondée sous le vocable de saint Paul) et Saint-Pierre (appelée alors Saint-Pierre-et-Saint-Paul) ouvrent leurs registres en 1679. L’événement marque la naissance des quatre paroisses. Il donne lieu en 1979 à des célébrations soulignant son trois-centième anniversaire. Pendant toute l’année, l’île d’Orléans s’anime de réjouissances populaires qui mettent à l’honneur les personnages, événements et sites importants de son histoire, la richesse de son terroir, ses liens encore forts avec la religion catholique et la fierté des insulaires pour leurs localités respectives. Sainte-Famille célèbre quant à elle son tricentenaire en 1984, prenant pour référence l’année de son érection canonique.
En préparation des fêtes, chaque paroisse jubilaire se dote d’une corporation formée de citoyens, d’élus et de représentants du clergé. Les corporations organisent des célébrations distinctes dont elles marquent la spécificité par des chansons-thèmes et des emblèmes. De plus, elles éditent des monographies afin de conserver pour la postérité l’histoire et les coutumes de l’île d’Orléans.
Quatre fêtes battent leur plein à tour de rôle durant une semaine à l’été 1979. Des dignitaires se déplacent pour l’occasion. Le premier ministre René Lévesque fait un passage remarqué à l’île, où il ouvre les festivités de Saint-François le jour de la fête nationale du Québec.
Les Orléanais sont invités à participer, souvent en costumes d’époque, à des épluchettes de maïs, des compétitions sportives, des soirées dansantes, des parades, la plantation d’arbres du tricentenaire… Les activités à caractère historique ou folklorique sont nombreuses. Elles incluent des expositions d’anciens instruments agricoles, des démonstrations d’artisanat, la visite de bâtiments patrimoniaux ainsi que l’enregistrement à Saint-Pierre d’un épisode de l’émission Soirée canadienne.
D’autres initiatives valorisent l’héritage catholique et la dévotion populaire. Des messes inaugurent l’année et les fêtes du tricentenaire. Une autre est concélébrée à l’église de Saint-François par les curés de toutes les paroisses, puis télévisée à l’émission Le jour du Seigneur. Les églises sont les points de départ de traditionnelles processions de la Fête-Dieu sur le chemin Royal, et leurs murs reçoivent plusieurs plaques commémoratives. C’est également à cette occasion que la voie entre les deux églises de Saint-Pierre prend le nom « avenue Monseigneur-d’Esgly », curé de cette paroisse de 1734 à 1788.
Parallèlement aux fêtes paroissiales, le tricentenaire de l’île est le théâtre de fêtes familiales. Déjà attestée au tournant du siècle, la ferveur commémorative entourant les familles souches et leurs terres ancestrales se manifeste à nouveau par de grandes retrouvailles. De mai à septembre, dix-neuf familles rendent hommage à leurs aïeux qui se sont établis sur l’île entre les XVIIe et XIXe siècles. Elles laissent par ailleurs un legs pérenne en publiant des généalogies et en installant quatorze plaques ou monuments.
En fêtant la naissance de cinq de ses paroisses, la population de l’île n’exprime pas seulement son appartenance à celles-ci. Elle s’identifie aussi aux municipalités qui en reprennent les noms et les limites territoriales. Cette concordance des sphères religieuse et civique, qui lors des fêtes transparait dans l’association entre le pouvoir ecclésiastique et le pouvoir public, diminue au Québec à mesure que les activités paroissiales se sécularisent à partir de la seconde moitié du XXe siècle. La baisse des ressources des paroisses entraîne des réaménagements. Ainsi les paroisses de Saint-François, Saint-Jean, Saint-Laurent, Saint-Pierre, Sainte-Famille et Sainte-Pétronille n’en forment plus que deux à la fin des années 1990. Elles deviennent la paroisse de Sainte-Famille-de-l’Île-d’Orléans le 1er janvier 2018. Source http://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca